Petit guide de recyclage du matériel informatique et électrique

Créer sa petite entreprise aujourd’hui ne va généralement pas sans une solide armature informatique et/ou électrique. Mais que faire du hardware lorsqu’il vous lâche, tout ou partie? Puisque, dans la majorité des cas, il ne se répare plus.

Sans titre

Jeter n’importe où son pc ou son imprimante en fin de vie? Surtout pas. D’abord, ce ne serait pas vraiment sympa pour l’environnement. Ensuite, c’est interdit. Enfin, cela ne coûte rien de s’en débarrasser proprement, en Suisse du moins, puisque la mise au rebut est déjà payée. Mise au rebut, façon de parler de toute manière, car, sur ce front, le maître mot se dit recyclage. Dans notre pays et au Liechtenstein, le déclic s’est produit dans la première moitié des années 1990 avec la signature des conventions SENS pour le matériel électrique et Swico Recycling pour le hardware informatique.

Depuis cette époque, le vendeur inclut obligatoirement la TAR (taxe anticipée de recyclage) dans le prix d’achat de l’appareil. Elle va de CH 1.- à CH 22.- selon la taille de l’objet. Peu de choses en vérité. Il n’est, depuis lors, même plus nécessaire de ramener le déchet à l’endroit où on l’a acheté. Tout négociant ou fabricant de la branche doit reprendre le matériel usagé, d’où qu’il vienne. Et s’il refuse, parlez-lui des conventions SENS et Swico en le menaçant des foudres des fédérations de consommateurs ou des services publics de l’environnement. D’autant que cela ne lui coûte rien puisque la TAR couvre même les frais de transport chez les recycleurs. Or, en Suisse, 90% des entreprises de la branche ont signé ces conventions. Il faudrait beaucoup de malchance pour tomber sur un magasin non affilié. Auquel cas, il ne resterait plus qu’à s’adresser au négoce d’à côté ou à la déchetterie de votre commune, puisque la plupart de ces institutions ont signé les conventions SENS et Swico Recycling. Par la grâce de ces conventions, 95% du hardware informatique sont aujourd’hui recyclés en Suisse, ce qui constitue un beau résultat.

Valorisation des déchets électroniques

Et, pour calmer complètement notre conscience verte, il ne faut surtout pas imaginer que ces déchets atterrissent, en bout de course, dans l’une ou l’autre de ces décharges africaines qui, certes, font (mal) survivre les habitants des bidonvilles mais qui polluent de manière outrancière leur santé et leur environnement par des rejets de diverses substances toxiques, métaux lourds, sélénium et dioxine par exemple. Les filières Swico et SENS aboutissent chez des recycleurs professionnels – ils bénéficient d’une formation de trois ans – et ont permis de créer des milliers d’emplois qualifiés en Suisse. C’est ainsi que seuls 5% de ces déchets doivent être détruits, 95% étant réintégrés dans un cycle de production. Pour donner une idée de la valorisation de ces éléments et du circuit qui y mène, voyez le chapitre du site de Swico qui les décrit. Petit détail intéressant: la profession de recycleur est l’un des nouveaux métiers générés par la filière informatique.

Et, pour une liste complète des appareils informatiques recyclables, rendez-vous sur l’entrée du site de Swico qui en donne le détail et, côté appareils électriques, sur le chapitre concerné du site SENS. En ce qui concerne l’informatique, on peut y découvrir que seuls les modules vides de toner, les cartouches d’encre utilisées, les cd-rom et les DVD n’entrent pas dans ces filières. Mais ces déchets sont néanmoins recyclables. Il suffit de les rapporter dans votre magasin spécialisé qui saura renseigner sur la suite des opérations. En principe, ce sont les fabricants de ces objets qui les recyclent. Et n’oubliez pas de rayer cd-rom et DVD s’ils contiennent des données sensibles.

Quelques chiffres

  • Au 1er janvier 2013, la convention Swico Recycling réunissait 711 signataires en Suisse et au Liechtenstein.
  • Dans l’Union européenne, 190 millions de cartouches d’encre et de toner sont vidées chaque année, soit 6 cartouches par seconde et 60'000 tonnes de déchets.
  • L’impression de 10'000 pages A4 génère 70 kg de déchets de cartouches.
  • Une cartouche peut être réutilisée six fois.
  • Il faut 3,5 litres de pétrole pour construire une cartouche de toner et 0,9 litre pour une cartouche d’encre.
  • Jetée dans la nature, une cartouche se décompose en 1'000 ans.
  • Il se vend plus d’un milliard de cartouches d’encre par an dans le monde soit, mises bout à bout, 129 fois la grande muraille de Chine.
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1 comment

  1. Yvon

    C’est bien d’apprendre les lois sur le recyclage. Je viens de déménager en Suisse, et j’ai remarqué que les sacs poubelles sont hyper chers. Il faut recycler tout ici pour ne pas dépenser tout son argent. Au mois c’est un bon motivation!

    Yvon Lebras | http://www.kruger.com/fr/developpement-durable/