N’écrivez pas de business plan !

Tel est le titre un brin provocateur donné par Geoffroy Raposo au dernier texte publié sur son blog "startuper" abrité par le magazine économique romand Bilan. En fait, il n'a rien contre la nécessité d'une réflexion préalable à toute création d'entreprises ni contre son indispensable formulation, surtout dans le cas où plusieurs personnes contribuent à un projet à propos duquel ils doivent partager la même vision.

IMG_2255

Mais ce qui énerve notre blogger, c'est l'obligation faite par les investisseurs à ceux qui leur présentent un projet de le chiffrer avant de démarrer, donc avant de savoir comment iront les affaires, encore moins comment elles se développeront. Car les investisseurs veulent voir un business plan en bonne et due forme avant de décider si et le cas échéant à quelle hauteur ils vont financer la réalisation du projet.

Soit dit en passant, à sa modeste échelle, Microcrédit Solidaire Suisse (MSS) a la même exigence et ses experts discutent souvent les chiffres avancés dans le business plan, pour vérifier leur validité avec le porteur de projet. On sait bien qu'un plan d'affaires repose par définition sur des prévisions et des hypothèses dont la réalité démontrera ultérieurement la validité.

Mais il n'empêche que ce plan donne une représentation vraisemblable du proche avenir. La réflexion et les discussions qui ont permis de l'élaborer constituent une bonne préparation au lancement du projet et aussi une sorte de mise en confiance. Et cela, M. Raposo ne peut pas le contester. De toute manière, les réactions à sa provocation délibérée le rappellent à l'ordre.

Nous savons bien, et nous l'avons déjà dit dans l'un des premiers articles publiés sur ce blog Ma-petite-entreprise.ch: le Business Plan est un passeport pour la création d'entreprise, comme tout passeport utile à celui qui le détient et nécessaire pour ceux qui demandent à le voir. En résumé, disons que le business plan s'avère triplement indispensable, comme

  • occasion de réflexion avant la présentation du projet à la fondation MSS ou à tout autre organisme appelé à le financer
  • base de discussion avec les experts chargés de l'examen du projet
  • instrument de référence et d'évaluation après la mise en œuvre du projet.
Mots-clés : ,

Articles relatifs

1 comment

  1. Pour le démarrage d’une entreprise ou d’un projet de création d’entreprise, le business plan est en effet une belle perte de temps.

    Le problème, c’est que dans la plupart des business school en Europe, on n’apprend rien sur l’entrepreneuriat. Et les étudiants en gestion ont la douce illusion qu’ils ont appris des choses utiles à la création d’entreprise. En réalité, ils ont quelques notions de management et seront juste bons (ou pas) pour exécuter une stratégie décidée par les dirigeants-es de l’entreprise pour laquelle ils travailleront.

    L’entrepreneuriat et la gestion sont deux choses différentes. Après avoir identifié une opportunité d’affaire, l’entrepreneur-e doit d’abord de créer une proposition de valeur, chercher son marché et trouver le bon business model par itération. Selon l’approche lean, l’idée est de faire un « product market fit ».

    Un planning et quelques prévisions financières sont nécessaires à la louche, mais vu que rien ne se passera comme prévu, cela ne sert à rien de passer trop de temps à créer des documents (BP, powerpoint, etc.) qui deviendront vite obsolètes et inutiles.

    Une fois le bon business model trouvé, c’est-à-dire que la start-up est capable de répliquer un processus qui débouchera sur des ventes, la start-up peut devenir fat (vs. lean) et lever des fonds pour accélérer sa croissance (scale-up) en développant de nouveaux marchés ou de nouveaux produits (selon la matrice d’Ansoff).

    C’est seulement à partir de là, quand les choses sont bien en place, qu’il vaut la peine de se pencher sur un business plan selon les dernières recherches en entrepreneuriat.