L’entrepreneuriat au féminin

Les femmes cheffes d’entreprise ne forment encore qu'une modeste minorité. Pour toutes sortes de raisons, en partie infondées. Mais il y a aussi de bonnes raisons pour améliorer la position des femmes dans l'économie.   Image femme - entrepreunariat féminin  

La fondation Microcrédit Solidaire Suisse (MSS) accorde des prêts à des personnes qui souhaitent créer leur entreprise mais ne trouvent pas les moyens de financer leur projet. En moyenne multiannuelle, la moitié des microcrédits octroyés le sont à des femmes, qui représentaient même 65% des bénéficiaires en 2012. De plus, leurs projets, souvent mûris de longue date, ont un taux de succès régulièrement supérieur à ceux présentés par des hommes. Cette constante confirme que les femmes possèdent un réel potentiel de création et de gestion d’entreprise. Il n'empêche, les cheffes d'entreprise – tout comme les directrices et administratrices de grandes sociétés – demeurent en nette minorité. Pourquoi cette situation d'inégalité, notamment au niveau de la création d’entreprise?

L'explication généralement avancée reprend le stéréotype selon lequel les femmes auraient un goût du risque moins prononcé que les hommes. Effectivement, ils démontrent souvent un bel aplomb alors qu'elles semblent hésiter et avoir toutes sortes de doutes au moment de se lancer à la conquête de leur indépendance économique. Cette attitude craintive traduit le manque de confiance en soi que beaucoup de femmes, jeunes et moins jeunes, ne parviennent pas à surmonter et qui les décourage de prendre des initiatives. Ce facteur subjectif exerce une influence que la meilleure loi sur l'égalité peinera toujours à contrer. Et il faudra, en Suisse aussi, probablement encore beaucoup de temps pour que les mentalités évoluent au point de considérer comme évident et tout naturel qu'une femme crée sa petite entreprise et devienne sa propre patronne.

Mais il y a d'autres obstacles à l'entrepreneuriat au féminin. La situation familiale apparaît également comme une cause d'inégalité entre hommes et femmes, face au défi que représente la création d’une entreprise. Malgré certains progrès faits en matière de partage des tâches parentales, la responsabilité des enfants incombe en majeure partie à leur mère. Sachant qu’une activité indépendante exige davantage d'engagement qu'un emploi à plein temps sans garantir un revenu ni des acquits correspondants, on comprend que la combinaison entre création d’entreprise et vie familiale s'avère particulièrement difficile pour les femmes.

Mais le «facteur femme» peut également se révéler un atout. En effet, des préoccupations et attitudes typiquement féminines, telles la conscience de ses responsabilités, la capacité de s'organiser ou la constance dans l'effort, représentent autant d'attributs cruciaux pour le succès de l'entrepreneur. Quand une femme décide de se lancer dans une activité indépendante, elle se montre souvent très prudente; elle réfléchit mûrement à tous les aspects de son projet avant de commencer sa nouvelle activité. D'où le taux de succès plus élevé, comme nous le voyons chez MSS. S'ajoute à cela, côté famille, le fait qu'une activité indépendante signifie certes beaucoup de travail mais aussi davantage de flexibilité. Une femme indépendante peut aménager elle-même son programme de travail et prendre en compte les besoins de sa famille.

Au total, les problèmes auxquels les femmes ont à faire face représentent également des avantages. Elles ont donc toutes leurs chances de réussir la création de leur propre entreprise.

Annexe : Créations d'entreprises en Suisse en 2011

  • 11'531 entreprises ont été créées en Suisse, dont
  • 1'971 (17.1%) par des femmes exclusivement
  • 1'545 (13.4%) par des femmes et des hommes ensemble
  • 3'516 (30.5%) par des femmes ou avec leur participation
  • 8015 (69.5%) par des hommes exclusivement

Les entreprises créées par des femmes sont surtout actives dans le secteur tertiaire (services) plus précisément dans les branches suivantes: commerce et réparations, hébergement et restauration, enseignement, santé et action sociale (branche dominante), arts et activités récréatives. Mêmes tendances parmi les femmes bénéficiaires d'un microcrédit MSS, avec la même branche dominante (santé et soins personnels)

Sources : Office fédéral de la Statistique, Communiqué de presse du 10.07.2013 (p.5) Microcrédit Solidaire Suisse, Rapport d'activité 2012 (pp. 9 et 11)

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