Le crowdfunding, forme tendance de financement participatif

Lorsque le microcrédit est insuffisant et que les banques ne veulent pas donner de coup de pouce aux créateurs d’entreprise, ces derniers ont la possibilité de récolter des fonds en lançant un appel sur internet. C’est le crowdfunding. Mais attention: ce mode de financement n'est pas encore réglementé et l’internaute de fonds pourvoyeur ne bénéficie d'aucune protection légale.

crowdfunding

Vous voulez créer votre petite entreprise ou vous l’avez déjà mise en route mais vous manquez cruellement de fonds pour aller de l’avant. Les banques, frileuses, vous refusent tout prêt, les sommes allouées par le système du microcrédit ne sont pas suffisantes et vous ne connaissez personne capable de vous prêter les milliers de francs supplémentaires dont vous avez un urgent besoin. Que faites-vous ? Vous vous inscrivez sur un site internet de crowdfunding, Wemakeit par exemple ou Indiegogo, vous y décrivez votre boîte ou votre projet et vous demandez au public des internautes de vous verser une contribution à l’adresse indiquée. En échange, les contributeurs recevront une récompense, généralement liée à votre activité, ou seront remboursés en cas d’échec du projet. Cela se nomme crowdfunding, en français financement par la foule (des internautes). L’œuf de Colomb en matière de recherche de financement? Oui et non.

Bon pour le demandeur de fonds

Oui du point de vue du demandeur de fonds, car cela peut lui permettre de réunir tout ou partie de la somme nécessaire. Aux Etats-Unis, la technique se pratique depuis plusieurs années, elle a ses succès et ses chauds partisans. En comparaison, la Suisse en est encore aux balbutiements, même si quelques millions de francs, semblerait-t-il, ont déjà été levés de cette manière, surtout en Suisse alémanique. Mais la Suisse romande commence à découvrir la procédure (cf. l’interview de Romain-Daniel Gosselin). Outre la récolte de fonds, le crowdfunding permet aussi de tester la validité du projet auprès de la communauté des internautes. Si la réponse est favorable, c’est que le projet est probablement bon. De plus, la nécessité de fignoler sa présentation conduit à en approfondir la conception. Quoi qu’il en soit, cette forme de financement dit participatif n’a pu prendre son envol qu’à partir du moment où l’internet est devenu tous ménages.

Moins sûr pour l'investisseur

Non du point de vue de l’investisseur, car cette forme de fundraising ne répond à quasiment aucun des critères légaux encadrant les levées de fonds. Absence d’autorité de surveillance, de réglementation des délais – aussi bien ceux gouvernant la durée du fundraising que le remboursement en cas d’échec – pas de dispositions légales obligatoires sur la forme et le fond de la présentation du projet, sur les compensations, etc. Bref, le pourvoyeur de fonds s’expose à un vide sécuritaire presque intégral. En fin de compte, en l’état actuel, cette forme particulière de financement participatif qu’est le crowdfunding ne se différencie guère d’un simple appel à mécénat ou à dons, la seule garantie de récompense ou de remboursement résidant dans la bonne foi et l’honnêteté supposées du demandeur.

En d’autres termes, on pourrait parfaitement imaginer que la mode du crowdfunding retombera comme un soufflé ou finira par être purement et simplement interdite. Mais on n’arrête pas si facilement un train lancé à toute vitesse, surtout lorsqu’il roule sur les rails de l’internet. Les autorités de surveillance ont dès lors tendance à l'enfermer dans un strict encadrement légal. En 2012, le Congrès américain a voté une loi dans ce sens. Qui n’est pas encore entrée en vigueur à fin 2013 car l’administration n’arrive pas à concrétiser le texte d’application, tant l’affaire est complexe.

En Suisse, l’autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) se penche également sur le sujet, histoire d'éviter de laisser le crowdfunding se muer en un instrument performant de blanchiment d’argent sale. Mais, la prévention du blanchiment n’est pas la seule préoccupation de la FINMA. Elle voudrait bien, de plus, mettre son nez dans la gestion des fonds récoltés, puisque, en l’absence de dispositions légales, les bénéficiaires en font ce qu’ils veulent. Il est donc probable qu’elle mettra le crowdfunding sous la protection de la loi fédérale sur les placements collectifs de capitaux.

Vous désirez faire partie de la foule des investisseurs?

En attendant un parapet légal et si la question vous intéresse, vous pouvez guigner du côté de Kickstarter, la grande plateforme américaine de crowdfunding, ou de Wemakeit, la plaque tournante germano-suisse (en français) de cette forme de financement, ou encore d’Indiegogo. Où l’on vous assure que le crowdfunding est surtout réservé aux artistes. Ce qui n’est pas vrai du tout. Ce financement participatif, dit aussi collaboratif, peut bénéficier aussi bien à une PME qu’à un vidéaste. Mais si vous y placez quelque ressource financière, n’y engloutissez pas tout votre avoir. En crowdfunding, on a déjà vu bien des bénéficiaires s’envoler avec la caisse. Sans espoir de retour.

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