Christine Scherbaum, Lucerne

D’infirmière à maquilleuse professionnelle, le parcours de Christine Scherbaum est plutôt atypique. A Lucerne, elle transforme visages et cheveux pour carnavals, mariages et toutes les occasions qui requièrent mue et camouflage. Incognito garanti.

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  • Nom : Scherbaum
  • Prénom : Christine
  • Enseigne : CSM maskenbild
  • Lieu : Grabenstrasse 6, 6004 Lucerne
  • Date d’ouverture : Juin 2011
  • Site internet :http://www.diemaskenbildnerin.com/

Me at work

Est-ce un rêve de toujours d’exercer une profession indépendante ?

Pas du tout ! J’étais infirmière. Un beau métier mais peu créatif. Ce qui me manquait, d’autant que j’avais suivi une année de cours à l’école des beaux-arts de Lucerne et toujours souhaité mener une activité créatrice. J’ai découvert l’existence d’une école de maquillage à Berlin. Cette piste m’a intéressée. En Suisse en effet, il est extrêmement difficile de se former dans ce métier ou alors les formations laissent beaucoup à désirer. A 27 ans, je suis donc partie pour Berlin pour y suivre trois ans de cours et devenir maquilleuse diplômée. A mon retour, mes amis et connaissances ont commencé à me demander de les maquiller. L’un d’entre eux, maquilleur indépendant à Kriens, m’a incitée à ouvrir ma propre petite entreprise. Ce fut le déclencheur.

A part la formation, quelles sont les qualités requises pour exercer ce métier ?

Il faut avoir le courage d’innover et de créer des formes peu conventionnelles. Les visagistes se limitent à l’esthétique. Les maquilleurs, eux, doivent inventer. Des effets spéciaux, par exemple.

Comment la période de démarrage s’est-elle passée ?

Cela a été assez difficile du point de vue financier mais j’ai été aidée par Microcrédit Solidaire Suisse qui, entre autres, m’a appris à faire un business plan. Cette étape est nécessaire pour vous faire réfléchir profondément à votre projet.

Pour le reste, je n’ai pas rencontré trop de problèmes. J’étais déjà au bénéfice de la clientèle que je visitais chez elle auparavant. J’ai aussi assez confiance en moi. De plus, je fais beaucoup de choses moi-même, la décoration de mon local par exemple, et je n’ai pas engagé de collaborateurs. Je peux ainsi économiser de plusieurs côtés. Mais je sais que la période de démarrage peut durer longtemps, jusqu’à cinq ans parfois, et qu’il faut pouvoir «tenir le coup». C’est donc super d’avoir un partenaire tel que MSS. A l’heure actuelle, mon affaire marche de mieux en mieux mais je n’ai pas encore atteint mon objectif.

Vos prévisions à deux-trois ans ?

A court terme, il faut que je trouve un autre local. Non pas que celui-ci ne convienne pas mais il est trop central et il y a beaucoup de va-et-vient de clients et de curieux. Or j’ai besoin de temps pour créer mes maquillages. Je dois pouvoir me concentrer. Ici, je n’y arrive pas vraiment. Je cherche donc un emplacement moins exposé. De plus, j’espère pouvoir, à terme, engager un ou deux collaborateurs à mi-temps. Je n’ai que deux mains et il m’arrive de devoir refuser des commandes car je n’arrive pas à suivre.

Y a-t-il des éléments qui vous paraissent très importants dans le déroulement de votre activité ?

J’aime particulièrement les contacts avec les clients. Le travail pour les futures épouses, par exemple, en vue de la cérémonie du mariage se révèle aussi très émotionnel. Tout le monde est ému et je suis la seule à rester calme. Les futures épouses apprécient beaucoup cela. En outre, j’aime beaucoup les commentaires de la clientèle. Ils sont très sympathiques la plupart du temps. Les gens reviennent souvent me dire que, grâce à mon maquillage, ils se sentent plus sûrs d’eux. Par ailleurs, je donne des cours de maquillage et c’est très plaisant de voir que les personnes qui viennent les suivre repartent avec une nouvelle confiance en elles-mêmes.

Votre entourage vous aide-t-il ?

Je peux particulièrement compter sur mon ami. Il joue un rôle très important. Ce n’est pas du tout un créatif mais il est très impressionné par mon travail. Il a besoin de sécurité financière, par conséquent d’un salaire. En ma qualité d’indépendante, certains mois peuvent être difficiles et sa solidité financière peut être d’un grand secours. Mais ce n’est de loin pas sa seule qualité. Il est aussi très présent et coopératif dans mon travail. Il vient avec moi aux mariages, prépare le café «arrosé» pour les clients lors du carnaval, etc. Il s’implique vraiment dans mon activité. Mais il n’y a pas que lui. J’ai des amis maquilleurs et nous nous aidons mutuellement par des conseils et des échanges d’expériences.

Quel est l’effet de votre activité d’indépendante sur votre vie privée ?

Très clairement le manque de temps. De nos jours, il n’y a plus de saison privilégiée pour les mariages. Les gens se marient toute l’année et ils le font en fin de semaine. Je suis donc occupée tous les week-ends et mon ami proteste parfois. Il se plaint que je sois toujours au boulot, y compris dans ma tête lorsque je fais autre chose. De plus, quand vous êtes indépendante, il est très difficile de s’octroyer de longues vacances. Je n’ai pas encore pu prendre plus de cinq jours de suite. Personnellement, cela ne me contrarie pas trop car j’adore mon travail.

Quelles recommandations adresseriez-vous à une personne qui souhaite créer sa propre entreprise ?

D’abord, cette personne doit être absolument sûre que c’est ce qu’elle veut. Ensuite, il est vraiment nécessaire de s’assurer une sécurité financière pour une certaine période. En effet, il est plutôt rare qu’on gagne de l’argent dès l’ouverture de l’entreprise. D’où l’importance de trouver un partenaire financier, comme moi avec MSS. Car il est tellement dommage de devoir abandonner au bout de peu de temps, par défaut d’argent, un projet qui vous plaît. Enfin, il faut être créatif et savoir développer ses idées, y croire et aimer profondément ce que l’on fait. Certes, la clientèle doit avoir l’impression que vous êtes quelqu’un de fiable et de sérieux mais il me paraît également essentiel d’avoir du plaisir dans son activité.

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