Enrique Jimenez, Genève

Enrique Jimenez, 45 ans, a vite compris qu’introduire un nouveau sport en Suisse prendrait du temps. Le padel, un sport utilisant une raquette rigide et qui est un peu la synthèse du tennis, du squash, du ping-pong et de la pelote basque, qui se joue en double sur un terrain (20 x 10 mètres) entouré de parois de verre et de grillages, est pratiqué seulement en quatre endroits en Suisse dont deux à Genève. Le microcrédit MSS a joué un rôle essentiel dans ce projet.


padel_first_mss

  • Nom : Jimenez
  • Prénom : Enrique
  • Enseigne : Padel First
  • Lieu : Rue Monet 10, Vernier
  • Date d’ouverture : Décembre 2012
  • Site internet : http://www.padelfirst.ch/

LOGO-PADELFIRST-web


Enrique Jimenez

Vouloir lancer le padel en Suisse, c’est une idée qui a mis longtemps à mûrir ?

C’est venu en une semaine ! J’avais lu un article sur le padel, et peu après j’ai eu une discussion avec un ami enthousiaste après son dernier match. J’ai commencé à regarder à gauche et à droite et des petites lumières vertes se sont allumées. Il n’y avait rien pour le padel sur Genève alors qu’il existe une grande communauté hispanique disposant de bons revenus. Ce sport d’origine latino-américaine compte déjà des millions de pratiquants en Espagne et s’adresse à tous les âges. Je me suis dit qu’il y avait un gros potentiel ici et que ça pouvait marcher. Après des études universitaires en gestion d’entreprise à San Sebastian, j’ai d’abord travaillé pour le centre local de l’Unesco, pour des ONG actives dans l’humanitaire et la coopération, avant de m’engager chez Médecins Sans Frontières (MSF) durant onze ans dont six passés en Afrique. En 2006, j’ai rencontré ma femme à Genève. Nous avons aujourd’hui deux petites filles. Le travail chez MSF était usant et j’en avais un peu fait le tour. Que ce soit dans le sport, la culture ou une autre ONG, je voulais désormais me lancer dans quelque-chose qui me passionne vraiment.

Concrètement, comment s’est passé le démarrage ?

J’ai d’abord suivi une formation de base avec le chômage, où l’on apprend à se poser les bonnes questions, où l’on rencontre des acteurs économiques. Puis j’ai participé à des cours intensifs en vue de rédiger un business-plan pour ce nouveau produit « padel ». La décision d’y aller s’est prise en juillet 2012 et en famille. Ma femme, qui est fonctionnaire internationale, assure financièrement les arrières. Et un mois plus tard, nous avions notre premier court à Vernier. Une de mes priorités c’est de rester flexible pour les besoins de la famille. Ce qui fait que je consacre entre 20 et 80% de mon temps au padel. Au départ, j’étais seul mais j’ai désormais une associée qui a été une très bonne surprise. Je voulais quelqu’un qui soit du pays, qui ait un bon carnet d’adresses des deux côtés de la Sarine car je suis convaincu que si le succès doit venir il passera par les Suisses. Il y a vingt ans, étudiante à l’Ecole hôtelière, Justine avait justement rédigé un mémoire sur le padel. Quand elle a appris qu’une première piste allait s’ouvrir à Genève, alors qu’elle venait d’être licenciée de son travail, elle a souhaité me rencontrer.

Quelle importance a pris l’obtention d’un microcrédit dans votre projet ?

Dès le départ j’ai vu la nécessité d’avoir un crédit pour pouvoir payer progressivement notre première piste. Il faut savoir que celle-ci coûte entre 50 et 60.000 francs suisses. Or pour les start-up il n’existe aucune autre formule de financement que le micro-crédit. Les banques exigent un aval (garantie) équivalant au montant du crédit demandé. MSS était donc le seul organisme où de jeunes entrepreneurs ont accès au crédit. Son rôle est énorme, essentiel. Vu ma formation de départ, le coaching était moins important pour moi. Mais je reste en très bons termes avec « mon » expert. Quand quelqu’un n’a pas d’intérêts dans une affaire commerciale, il pose souvent les bonnes questions. J’aurai donc besoin d’un tel appui encore au moins deux ans.

Quels sont les prochains pas à franchir pour votre projet ?

Vu la fréquentation, il nous faut vraiment de nouvelle pistes de padel. Même s’il faut se serrer la ceinture maintenant, qu’on ne gagne pas encore notre vie avec cette activité, ça m’a conforté dans l’idée que j’ai fait juste jusqu’ici. Mais il s’est aussi vite avéré qu’introduire un nouveau sport - et donc changer des habitudes - prendrait du temps (3-4 ans). Avoir depuis juillet 2013 une piste couverte au Contry Club de Genève c’est déjà un pari à moitié gagné. Et avant de partir à l’assaut de l’Arc lémanique, notre objectif 2014 est de disposer d’une troisième piste à Genève, sur la rive gauche. Des clubs de tennis, qui veulent rebooster leurs activités déclinantes, ont manifesté de l’intérêt pour notre sport. Comme nous ne sommes pas des professionnels du tennis, c’est important d’avoir le feed-back de gens du milieu. Nous cherchons donc conseil auprès des fournisseurs de matériels, constructeurs de courts, services communaux des sports, afin de voir si des synergies sont possibles. Et pouvoir se maintenir avec notre école de padel et la vente de matériels ce serait déjà pas mal.

Quels conseils prodigueriez-vous aux nouveaux entrepreneurs désireux de se lancer ?

Il y a deux points essentiels. Il faut d’abord être passionné par son projet et l’aimer car on aura souvent des bâtons dans les roues. Lors des formations, on nous répète souvent que rien ne va comme prévu, qu’il faut savoir anticiper. Mais quand les pépins arrivent ça fait mal : qui pouvait prévoir qu’on aurait un printemps 2013 pourri, que notre court en plein air de Vernier aurait les vitres cassées par des orages !? Ensuite, la passion ne doit pas être aveugle : tous les éléments d’un projet doivent être mis à plat sur la table, sans oublier le pire des scénarios. S’il y a la moindre hésitation, n’y allez pas, restez les pieds sur terre. Bien connaître son métier et rien d’autre ne suffit pas pour avoir du succès !

Mots-clés : , , , , , ,

Articles relatifs

Les commentaires sont fermés.