Hansjörg Haas, Prilly

Ce spécialiste du marketing de 47 ans s’est complètement reconverti en 2010, avec Panier 2 Roues, dans le but de se rapprocher de la nature et des produits alimentaires régionaux. En 2013, il a rajouté Plateforme Bio Locale à sa palette d’entrepreneur pour lutter contre l’agroalimentaire et sa croissance à tout prix. Bio, actions locales et respect du producteur privilégiés.

Interview Haas-012

  • Nom : Haas
  • Prénom : Hansjörg
  • Enseigne : Panier 2 Roues (P2R) et Plateforme Bio Locale
  • Lieu : route de Cery 33, Prilly
  • Date d’ouverture : novembre 2010 (P2R) et juillet 2013 (Plateforme bio locale)
  • Site internet :http://www.p2r.ch et http://pb-l.ch/

p2r

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Décrivez-nous votre projet de départ.

Panier 2 Roues (P2R) propose chaque semaine des produits bio d’origine locale. Les offres ne sont pas connues d’avance ; elles dépendent des récoltes. La livraison se fait par vélo électrique dans 25 points de la région lausannoise. L’élément central de P2R repose sur le partage des risques entre producteurs et acheteurs. Cette coopérative regroupe 240 coopérateurs, qu’ils soient producteurs ou clients. Chaque coopérateur peut venir au moins deux fois par année pour récolter fruits et légumes et dispose d’un droit de vote lors de l’assemblée générale. Il peut ainsi prendre part aux discussions et agir sur l’évolution de P2R. C’est aussi un moyen de sensibiliser ceux qui sont consommateurs.

Quelle était l’idée qui a donné naissance à cette entreprise ?

A ces deux entreprises en fait puisque, aujourd’hui, Plateforme Bio Locale a rejoint P2R. Il s’agit encore et toujours de proposer des aliments de qualité et de saison dans le cadre d’un modèle écologique. Les grands distributeurs ne respectent pas les produits. Ils n’ont qu’un seul but : le profit. Ce qui condamne chaque année quelque 4'000 agriculteurs à la disparition. Nous voulons respecter et le producteur et le produit.

Interview Haas-009Quant à Plateforme Bio Locale, elle est née de la visite d’un restaurateur qui m’a demandé de l’approvisionner en grandes quantités et régulièrement. L’assemblée générale de P2R ne s’est pas montrée très intéressée. D’où la création de ce second projet qui fournit uniquement les professionnels de la restauration en produits locaux. Mais, pour cela, il a bien fallu passer à l’achat d’une camionnette, ce qui a été possible grâce à l’aide de Microcrédit Solidaire Suisse.

Comment avez-vous concrétisé vos projets ?

Au début, l’approvisionnement était prévu au départ de la ferme de l’hôpital de Cery, sur les hauts de Lausanne. Pour respecter les normes écologiques, il a fallu impérativement trouver un local dans le coin et acquérir un vélo électrique. Ensuite, nous avons dû convaincre un à un les agriculteurs qu’ils avaient intérêt à travailler avec nous, non seulement pour les prix décents que nous leur offrons mais aussi parce qu’ils pouvaient entrer dans la coopérative et disposer ainsi d’une voix qui compte dans notre projet. Certes, nos quantités sont faibles à côté de celles commandées par Migros ou Coop mais il est primordial de valoriser les agriculteurs.

Comment avez-vous trouvé vos premiers clients ?

Cela n’a pas été chose facile car nous n’avons pas de moyens à investir dans la publicité. Dans ces conditions, le bouche à oreille reste un instrument fondamental pour les deux entreprises. Ensuite, il faut construire la confiance de tous les partenaires. Mais nous disposons également de deux sites internet et nous organisons des fêtes de quartier qui nous permettent de présenter nos produits bio et de sensibiliser les gens à ce côté de l’alimentation.

Une création d’entreprise réserve bien des surprises, en général. En avez-vous tiré des leçons lors de la création de votre deuxième projet, Plateforme Bio Locale ?

Je dois constater que la conscience – ou son absence – des consommateurs constitue une limite de taille. Pour bien des personnes, le prix reste bien plus déterminant que la qualité ou la provenance. Alors que mon but est de sensibiliser les clients et les producteurs au respect des produits de saison afin de conserver notre savoir-faire suisse. Ce qui va, bien sûr, complètement en sens contraire de la politique des grands distributeurs de l’agroalimentaire.

Vos prévisions à deux ou trois ans ?

La prochaine étape de Plateforme Bio Locale sera d’inclure les produits laitiers et de boucherie dans la distribution aux crèches, écoles et autres services publiques. Donner conscience aux enfants de l’importance de manger sain constituerait une immense réussite. Je suis aussi en contact avec celles des restaurateurs de la région intéressées par notre action.

Quant à P2R, il s’agit de toucher le plus de personnes possibles. Il y a beaucoup d’avenir en Suisse pour les produits bio et je travaille en partenariat avec la Banque Alternative Suisse et avec Bio Suisse. Mais ma priorité reste de grandir lentement pour consolider la base de l’édifice et d’éviter les charges fixes trop importantes.

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