Treis Pauline Marie, Zurich

A Zurich, la boutique Jungle Folk combine mode, social et durabilité. Ses vêtements sont fabriqués en Colombie, souvent par des mères célibataires. Ils allient techniques traditionnelles et design moderne et fusionnent goût sud-américain et goût européen.

IMG_2241

  • Nom : Treis
  • Prénom : Pauline Marie
  • Enseigne : Jungle Folk
  • Lieu : 32, Predigerplatz 42, 8001 Zurich
  • Site internet :http://www.junglefolk.com/

IMG_2248

Comment êtes-vous arrivée à combiner design créatif et projet social ?

A l’issue de mes études de relations internationales à Genève, j’ai eu envie de créer quelque chose car je n’arrivais pas à m’imaginer devenir salariée dans une entreprise. Etre indépendante était donc la solution. Lors d’un séjour à Berlin, j’ai côtoyé beaucoup de créatrices de mode qui sont devenues sources d’inspiration pour moi. Par ailleurs, l’aspect durabilité m’a toujours intéressée. D’autant que le marché de la mode est submergé de produits non durables. J’ai donc beaucoup réfléchi aux possibilités qui s’offraient à moi. Pour monter ma première collection, j’ai séjourné six mois en Colombie et dans les pays alentour. Car je suis persuadée qu’on y trouve encore un très grand potentiel. Mais, là-bas, les gens ne sont pas du tout familiers de la notion de durabilité et j’ai eu beaucoup de peine à trouver des tissus qui correspondaient à cette philosophie. De plus, je dois me rendre tous les six mois à Medellin, mon lieu de production, afin de contrôler les articles, car les artisanes et moi n’avons pas tout à fait la même notion en ce qui concerne la qualité.

Pourquoi Jungle Folk ?

Jungle car mes articles sont fabriqués en Colombie. Ce terme symbolise la nature mais aussi la jungle urbaine. Medellin est une ville de trois millions d’habitants. Quant à Folk, il évoque d’une part le folklore et, d’autre part, la communauté que forment les producteurs et les clients. Pour moi, communauté signifie aussi transparence. La clientèle sait précisément d’où viennent les vêtements et chaque pièce porte une étiquette avec le nom de la personne qui l’a fabriquée. De plus, notre site internet comporte les photographies des artisanes.

Comment avez-vous trouvé vos premiers clients ?

Ma famille et mes amies m’ont aidée à trouver les premiers clients. Ces relations permettent de créer un réseau. Ensuite, il se produit un effet boule de neige et la clientèle grandit automatiquement. Enfin, j’ai accompli tout un travail de communication avec la presse, ce qui m’a demandé un certain effort.

Le marché de la mode est réputé très dur pour les nouveaux arrivants ? Comment cela s’est-il passé pour vous ?

Au départ, nous avons simplement testé le projet sans nous mettre en tête de réussir tout de suite ou de survivre à long terme. Cela allège la pression. Mais notre première collection a rencontré un grand succès. C’est à partir de ce moment que nous avons formalisé l’entreprise en créant une société à responsabilité limitée (sàrl) et que nous avons commencé à planifier l’avenir.

Pensez-vous être sortie du tunnel ?

Pas du tout. Nous sommes encore dans une situation précaire et je pense qu’il nous faudra bien deux ans pour atteindre une certaine sécurité. Le business de la mode est très dur. De plus, mon entreprise touche plusieurs pays, ce qui complique la situation. Je n’arrive pas encore à vivre de cette activité mais j’ai confiance dans l’avenir.

A propos d’avenir, quels sont vos objectifs à terme ?

Je souhaite que les affaires évoluent de manière à me permettre d’occuper mes artisanes toute l’année, ce qui n’est pas encore le cas. J’aimerais aussi parvenir à faire certifier mes articles du point de vue de la durabilité et, enfin, pouvoir vivre de cette activité.

IMG_2255

Quels sont, pour vous, les aspects les plus positifs de votre entreprise ?

La présentation des nouvelles collections est toujours très excitante, ne serait-ce que pour découvrir l’accueil que la clientèle leur réserve. Mais j’apprécie également d’aménager le magasin, les séances de photos, les événements liés au design et à la durabilité, etc. Bref, mon travail m’offre plein d’aspects passionnants.

Vous a-t-on aidée au départ ?

Certes, particulièrement par des conseils. Le meilleur conseil que j’ai reçu était d’aborder mon projet tranquillement, sans précipitation. Mais il y en a eu beaucoup d’autres, d’ordre général, qui m’ont bien aidée. Et c’est aussi une forme d’aide que de rencontrer des réactions positives. Chaque fois qu’un membre de ma famille, une amie ou même un inconnu appréciaient mon projet, j’étais rassurée.

Quelles recommandations adresseriez-vous à quelqu’un qui souhaite créer sa propre entreprise ?

Surtout de bien réfléchir à la somme à investir. L’aspect financier est tout simplement fondamental. Mais, bien évidemment, je leur conseille aussi de réfléchir profondément à leur projet et de creuser leurs idées à fond.

Mots-clés : , , , , , ,

Articles relatifs

Les commentaires sont fermés.