Management éthique pour les petites entreprises

Le terme de «Management éthique» fait désormais partie du vocabulaire – et de la pratique – de la gestion d'entreprise. Y compris de la petite entreprise. Main qui contrôle tout - Management éthique  

Le management éthique peut se définir comme «l'ensemble des démarches et des pratiques managériales favorisant le bien-être des collaborateurs et de l’organisation». En clair, ce terme désigne une gestion d’entreprise qui prend en compte le bien-être de tous ceux avec qui elle interagit. La notion de «management éthique» est souvent mise en relation avec les grandes entreprises, en particulier avec les multinationales, exposées à de nombreuses et graves critiques ces dernières années. Les salaires et bonus excessifs, les atteintes à l’environnement et les conditions misérables imposées aux travailleurs des pays en développement font à juste titre matière à d'intenses débats dans les médias et en politique.

Pas seulement pour les grandes entreprises

Evidemment, les grandes entreprises ne sont pas seules confrontées à de telles responsabilités. Moins visibles mais partout présentes, les petites entreprises peuvent elles aussi affecter leur entourage, dans une mesure souvent insoupçonnée! Avec la globalisation des marchés, les réseaux n'en finissent pas de se multiplier, de s'étendre et de se resserrer. Ainsi le petit entrepreneur qui fabrique en Europe des meubles en bois et en métal se trouve rapidement impliqué dans un système complexe de relations internationales, posant toutes sortes de questions éthiques. Supposons qu'il achète ses matières premières en Chine. Doit-il vérifier les conditions de travail, de production et de transport pratiquées dans les entreprises auprès desquelles il s'approvisionne? Et si ces conditions s'avèrent inacceptables, doit-il rompre les relations d'affaires avec les entreprises concernées, même s’il a peu de chances de trouver un autre fournisseur qui lui propose des prix aussi avantageux?

Petites options, grands effets

Côté environnement, tout entrepreneur doit prendre diverses décisions, en apparence mineures mais qui ont un fort impact. L’emballage de mon produit est-il recyclable? Le tri de mes déchets est-il suffisant? L'organisation de mes transports est-elle optimale? Et que dire de ma consommation d'énergie? Autant de questions qui méritent réflexion et réaction, non seulement de la part des plus grands employeurs de Suisse, qui occupent chacun plus de 250 personnes mais ne représentent ensemble que le 0.4%* de l'effectif des entreprises. Mais aussi de la part des microentreprises qui offrent chacune moins de dix postes EPT (équivalent plein temps) mais composent ensemble le 87%* de toutes les entreprises actives dans notre pays. Leur impact sur l'environnement, difficilement chiffrable, est sans doute considérable.

Un atout économique en prime

Les décisions qui prennent en compte le bien-être des êtres humains avec lesquelles un entrepreneur interagit, tout comme ses options en faveur d'une meilleure sauvegarde de l'environnement, sont malheureusement souvent de celles qui pèsent lourd dans un budget d'exploitation. N'oublions pas que ces charges se trouvent au moins partiellement compensées par la plus-value écologique des produits (bio par exemple) ou des services (équitables) proposés. Nous savons que la clientèle se montre de plus en plus sensible aux comportements éthiques dans l'industrie et le commerce. Dès qu'une entreprise acquiert la réputation de respecter les critères éthiques, elle peut espérer obtenir de sa clientèle à la fois de meilleurs prix et une fidélité accrue, double reflet de la confiance inspirée par la gestion pratiquée.

Le management éthique fait donc à la fois sens d’un point de vue humain et sous l'angle économique. Les entrepreneurs, mais aussi leurs collaborateurs et leurs clients, peuvent s'en féliciter, tout comme l'environnement.

 

 

* Source : Office Fédéral de la Statistique

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1 comment

  1. Je crois aussi que l’intégration d’éléments dits éthique peut être fait dès la création de l’entreprise. Cela renforcera aussi le caractère sincère de l’approche si l’entreprise arrive à croître.

    L’idée est de ne pas faire de l’éthique pour des raisons opportunistes.

    Pour ma part, j’ai choisi dès la création de BetterStudy, mon site d’e-learning, de verser un pourcentage fixe de mes recettes à l’association « Enfants du Monde » avec qui j’ai un partenariat, pour un projet d’éducation au Guatemala.